Restitutions de biens culturels étrangers : fin des lois d’espèces

Restitutions de biens culturels étrangers : fin des lois d’espèces

musée collection publique restitution de bien

Par Gersande FORFERT, juriste stagiaire (Green Law Avocats) 

Très attendue depuis la promesse du Président Macron en 2017, la loi relative à la restitution de biens culturels étrangers a enfin été promulguée ce samedi 9 mai. Elle vise à répondre plus efficacement aux demandes de restitutions émanant de divers pays étrangers, principalement les anciennes colonies françaises et s’inscrit dans la directe lignée de deux autres lois :

Mais concrètement, qu’est-ce qu’elle vient changer ?

Pour rappel, les collections publiques sont protégées par le principe d’inaliénabilité du domaine public qui signifie qu’en principe, elles ne peuvent être vendues ou cédées. De ce fait, seule une loi d’espèce permettait de déroger à ce principe. Le Parlement a pu voter trois lois d’espèces avec ce fonctionnement pour restituer des biens au Bénin, au Sénégal ou encore à la Côte d’Ivoire ces dernières années.

Ce mécanisme des lois d’espèces posait problème pour plusieurs raisons :

Enfin, car chaque demande s’apprécie différemment, sans grille de critères communs, le principe d’égalité ne semblait pas être pleinement garanti.

C’est pourquoi la loi du 9 mai 2026 vient établir une procédure et une méthodologie claires.

Toute restitution se fait désormais par un décret pris en Conseil d’Etat sur la base des quatre mêmes critères :

Cette borne temporelle est encadrée par deux autres procédures : elle vise premièrement à exclure les biens concernés par le Traité de Vienne du 9 juin 1815 (concernant principalement les campagnes napoléoniennes) et ne pas empiéter sur la procédure judiciaire de restitution prévue par l’article L. 124-1 du code du patrimoine.

Notons par ailleurs que les biens militaires, c’est-à-dire les prises de guerre, et les biens archéologiques sont a priori exclus du champ des biens restituables.

Une autre nouveauté à saluer est la saisine d’une commission nationale de restitution de biens culturels permanente ainsi que d’un comité scientifique, lui saisi de manière casuistique.

Pour mémoire, cette commission nationale est une formation spécialisée du Haut Conseil des musées de France.

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